2. Étreindre
Publié le 2 septembre 2025
Elle étreignait du plus fort qu’elle pouvait sa peluche. Ses bras étaient serrés si fort que la tête du nounours en était déformée. La fillette pleurait doucement, ses chaussettes blanches tachées par le sang de ses parents. Les larmes translucides alimentaient la flaque carmine à ses pieds. Les yeux vitreux de sa mère la scrutaient. La rigidité cadavérique n’avait pas encore eu le temps de masquer ses sourcils froncés et ses lèvres plissées. Son corps était plus loin, sa main toujours accrochée à la rampe d'escalier comme si elle se tenait pour ne pas tomber. La gamine ne s’attardait pourtant pas sur ces détails, elle ferma les yeux à mesure que des baskets pénétrèrent dans la mare de sang. Un souffle chaud, aux relents imbibés d'alcool, se positionna près de son oreille. Dans un murmure, la voix susurra "Good night my love" et le couteau cisailla de nouveau une jugulaire.