26. Lobes

Publié le 8 août 2025

Mental et Ezhekiel se tenaient devant une immense bibliothèque. La journée avait été très longue et le chemin semé d'embûches. Ils avaient dû composer avec un monde aux règles étranges. La paix semblait y régner, mais les dangers et les risques de mort étaient tout aussi importants. Ezhekiel avait failli tomber plusieurs fois sur les rails du métro, et Mental avait traversé des boulevards très fréquentés sans se soucier de la vitesse des voitures... Résultat : un carambolage s’était formé lorsqu’une voiture l’avait évité de justesse, provoquant un embouteillage monstrueux sur l’artère principale de la ville. Heureusement, tout cela était derrière eux, puisque l’entrée de la bibliothèque n’était plus qu’à une dizaine de pas. À l’intérieur, des ouvrages s’étendaient à perte de vue. Les meubles croulaient sous les livres, tous différents. Ezhekiel tapota le bras de Mental et leva un doigt vers le plafond. La bibliothèque comptait trois étages : la recherche allait être infinie. Ils s’approchèrent d’une jeune femme qui triait des livres, espérant qu’elle puisse les aiguiller. "Ce n’est pas courant qu’on recherche des livres sur cette œuvre... C’est pour un exposé ?" Le mot leur était inconnu, alors ils restèrent silencieux. La femme ne se laissa pas décontenancer et parla dans un talkie-walkie : "Maurice, y a des gens pour toi... Oui, sur la porte des enfers." Une fois raccroché, elle leur indiqua de s’asseoir sur des fauteuils le temps que le fameux Maurice les rejoigne. L’homme apparut après ce qui sembla être plusieurs heures. Il était maigre, presque squelettique, et ses yeux n’étaient que deux billes noires, sans autre couleur. Ses cheveux étaient gras, longs, cachant ses oreilles aux lobes percés. Quand il prit la parole pour les saluer, une odeur pestilentielle s’échappa de sa bouche. Mental sut que l’homme était un sbire déguisé en sapiens. Cela lui donna des frissons dans le dos, mais ils n’avaient pas d’autre choix que de se fier à lui, au moins pour découvrir des informations sur la porte qui leur permettrait de trouver un messager. Elle espérait seulement que leur véritable identité resterait secrète.